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Par Ivan M.C.S. Elsmark
M. ELSMARK, ancien fonctionnaire du BIT, avait déjà rendu hommage à Aimée-Elise MOREL, née Rommel, pour
son rôle exceptionnel dans la protection du Bureau de Paris durant l'occupation allemande de 1940 à 1944,
dans un article intitulé « De la petite histoire à l'Histoire » .Suite à cet article, notre ancienne collègue,
Mme Monique Théodore Morin a fait parvenir à J. -J. Chevron, membre du Bureau de la Section des Anciens du
BIT, une copie du texte dactylographié des Souvenirs de Mme Morel.
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Mme Théodore-Morin explique que ce document lui a été remis par Mlle Françoise Bouffez, (fonctionnaire du
Bureau de Paris de 1948 à 1966), qui l'avait elle-même reçu de Mme Morel en décembre 1974. Mlle Rommel y
donne elle même des détails que l'on ne trouvera dans aucun dossier. Malheureusement elle en fit la relation
près de trente ans après les événements, à l'âge de 76 ans, et il était inévitable que ces souvenirs manquent
un peu de spontanéité. Mais elle s'était, de toute évidence, rafraîchie la mémoire en relisant des
correspondances de l'époque. Quelques erreurs de transcription ont été corrigées et quelques erreurs factuelles
qui s'étaient glissées dans ces souvenirs ont été redressées par quelques notes, placées entre crochets ou en
bas de page.
Ces souvenirs inédits de Mme MOREL, fonctionnaire du Bureau de Paris de 1920 à 1963, ont été publiés
récemment, toujours dans la Revue « Lettre aux Anciens Fonctionnaires » du syndicat du personnel du BIT.
M.ELSMARK tient ici à souligner la personnalité d'Albert Thomas car elle inspira à Mlle Rommel comme à tant d'autres une profonde loyauté envers le BIT. Le dévouement de cette fonctionnaire pour le Bureau trouva son plein épanouissement lorsqu'elle devint responsable par intérim du Bureau de Paris après la mort de Fernand Maurette en 1937.
L'élection d'Albert Thomas aux fonctions de premier Directeur du BIT (provisoire en novembre 1919, puis définitive en janvier 1920) devait avoir un impact considérable sur l'Organisation elle-même et sur le monde du travail en général. Mlle Rommel l'admirait énormément et rend hommage à sa grande perspicacité ainsi qu 'à ses autres qualités morales et intellectuelles. Outre le portrait fascinant que traça de lui Edward Phelan dans son livre "Albert Thomas et la création du BIT", on retiendra l'opinion, moins connue, mais d'une aussi grande portée, exprimée par Harold Butler, adjoint de Thomas, son ami et son successeur:
"Le BIT eut la chance de se donner un chef d'une qualité exceptionnelle. Avec Albert Thomas, son premier Directeur, il avait à sa tête un homme d'une énergie et d'une hauteur de vue fantastiques. Sa personnalité flamboyante, ses yeux bleus étincelants derrière ses lunettes finement cerclées d'or, sa barbe luxuriante, sa vigoureuse constitution et son verbe rapide et incisif, lui conféraient dans l'instant une personnalité exceptionnelle. "
" Mais ce n'était pas seulement un orateur fantastique, un travailleur infatigable et un homme de combat hors pair; il n'avait pas seulement une foi immense en sa mission et d'inépuisables ressources pour la mener à bien; c'était aussi un homme chaleureux, brillant et spirituel, ainsi qu'un compagnon de table comme on rêvait d'en rencontrer. Son expérience de ministre des munitions en France, pendant la guerre, et sa sympathie innée pour les petites nations lui avaient conféré une largeur de vues et une connaissance approfondie de la politique européenne et de ses acteurs qu'il utilisa à plein. Grâce sa forte personnalité, il fit de ses fonctions de Directeur du Bureau un poste d'une importance que le Secrétaire général de la Société des Nations ne parvint jamais à atteindre. " "C'était le rôle du Directeur d'être le chef. Il s'exprimait quand il le voulait sur n'importe quel sujet. Quel que fut le thème d'un débat, il était là pour exprimer un point de vue de portée internationale. Que ce fut à la Conférence ou au Conseil d'administration - l'équivalent du Conseil de la SDN - Albert Thomas établit la tradition que le Bureau se devait d'avoir une opinion sur tous les sujets et que c'était à son Directeur de l'exprimer. Le Directeur était le dépositaire de l'expérience et de la tradition internationales que le BIT avait peu à peu bâties et, à ce titre avait le droit d'être écouté."
La première partie traite de la période 1916-1920 pendant laquelle Mlle Rommel travailla avec Albert Thomas avant son élection au poste de Directeur du BIT.
La deuxième partie raconte la vie du Bureau de correspondance de Paris depuis sa création le 1er février 1920 jusqu 'à la fin de la Deuxième guerre mondiale
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