Mali
- Superficie: 1.24 million km²
- Capitale: Bamako
- Population: 12 291 529 (juillet 2005 est)
- Fête nationale : 22 septembre
- Monnaie : Communaute Financiere Africaine franc (XOF)
- Langues: Français, Bambara, plusieurs langues Africaines
Gouvernement
Ministère de la Fonction Publique, de la Réforme de l’Etat et des relations avec les Institutions
Ministre : M. Badi OULD GANFOUD
Adresse : BP 80, Bamako, Mali
Tel : (223) 222 34 31
Directeur National de l’Emploi, du Travail et de la Sécurité Sociale : M. Baba Samba Mahamane
Adresse :; BP 264, Bamako, Mali
Standard : (223) 222 48 19
Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle
Ministre Mme Ba Hawa KEITA
Tél. (223)220 51 30 Fax : (223) 220 66 38/220 57 46
APEJ (Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes)
Directeur Général : M. Soumana SATAO
Ministère du Développement social, de la Solidarité et des personnes âgées
Ministre : M. Djibril TANGARA
Tel : (223) 222 16 77 / 223 14 75 / 223 13 45 /
223 62 71
Fax : (223) 223 12 55
Directeur de la protection sociale : M. Luc Togo (Tél : 223 671 93 14)
Organisation des employeurs
Conseil National du Patronat du Mali (CNPM)
Président : M. Moussa Coulibaly
Secrétaire Général : M. Lassina Traoré
Adresse : BP 2445, Bamako, Mali
Tel : (223) 221 63 11
Fax : (223) 221 90 77 - 221 26 52
Institut National de Prévoyance Sociale (INPS)
Directeur Général : M. Lassina Bouaré
Adresse : Square Patrice Lumumba
BP 53, Bamako
Tel : (223) 221 25 54 / 221 28 46
Fax : (223) 221 47 31
Caisse des Retraites du Mali (CRM)
Organisation des travailleurs
1/ Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM)
Secrétaire Général : M. Siaka DIAKITE
Adresse : BP 169, Bamako
Tel : (223) 222 20 21 - 222 22 91
Fax : (223) 223 59 45
2/ Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM)
Secrétaire Général : M. Hammadoun amion Guindo
Adresse : BP E.103, Bamako
Tel : (223) 223 82 59
Fax : (223) 220 82 59
Présentation du pays
Le Mali est un pays enclavé qui couvre une immense superficie de 1 240 000 km2 en zone sahélienne. Avec près de 10 millions d’habitants dont 50,5/5 de femmes, le Mali a une population majoritairement jeune. Plus de 46,1% a moins de 15 ans. La charge des inactifs sur les actifs est élevée, ce qui ne peut que mettre en évidence le phénomène de la pauvreté extrêmement élevé. Soixante trois (63,8%) et vingt et un pour cent (21%) de la population totale vivent respectivement dans la pauvreté et dans l’extrême pauvreté. La population est aussi majoritairement rurale. Le taux d’urbanisation est de 27,3% ; toutefois, il s’accroît rapidement sous l’effet conjugué de l’exode rural, du reflux de l’émigration et de la croissance démographique. L’urbanisation atteindra le taux de 40,1% en 2015.
La croissance démographique forte, que connaît le Mali, entraîne une augmentation rapide de la main-d’œuvre (2,7%/an) et un besoin important de création d’emplois. Un grand nombre de jeunes (environ 100 000) arrivent chaque année sur le marché du travail, le plus souvent sans qualification et sans formation, ce qui pose le problème de leur insertion professionnelle. De très nombreuses femmes sont également sous qualifiées et donc pénalisées dans leur accès à l’emploi.
Situation politique, économique et sociale
La situation politique et sociale s’est beaucoup améliorée au cours de la décennie passée. Ainsi, depuis 1992 des élections démocratiques (présidentielles, législatives, municipales et communales) sont organisées dans un climat politique consensuel et apaisé. Elles ont abouti en 2002 à une alternance du pouvoir dans la stabilité sociopolitique.
Au plan institutionnel, le Mali s’est engagé depuis 1992 dans un vaste processus de décentralisation et de déconcentration qui marque la volonté irréversible des autorités du pays à responsabiliser les populations dans la gestion de leur développement.
Au plan économique et financier, le FMI a appuyé le Mali depuis 1992 sans interruption dans le cadre de trois (3) accords successifs FASR/FRPC. Ce qui a permis de rétablir la stabilité macroéconomique, la viabilité des finances publiques et la mise en œuvre de profondes réformes structurelles.
Au niveau des finances publiques et de l’endettement, en reconnaissance des progrès satisfaisants accomplis par le Gouvernement dans la mise en œuvre des réformes, le Mali est devenu le 7ème pays à atteindre le point d’achèvement dans le cadre de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) après la Bolivie, le Burkina Faso,la Mauritanie, le Mozambique, la Tanzanie et l’Ouganda.
Malgré tout, la question du chômage et du sous-emploi, particulièrement chez les jeunes et les femmes demeure un obstacle de taille dans la lutte contre la pauvreté. En dehors de l’agriculture qui reste la première source d’emploi de la majorité des actifs, l’économie informelle continue, en dépit de ses multiples déficits en travail décent, de jouer un rôle de premier plan comme source importante d’insertion, de génération de revenus et de satisfaction des besoins fondamentaux de franges importantes de la population, particulièrement en milieu urbain. A cela, s’ajoute la préoccupante question du travail des enfants dont la portée et l’ampleur constituent une menace qui risque d’hypothéquer durablement l’avenir d’un pan considérable de la société malienne.
C’est fort de toutes ces questions et dans un souci d’être plus efficace et mieux valoriser les efforts et les résultats de la croissance au service de sa stratégie en matière d’emploi, que le gouvernement a décidé d’intégrer dans le CSLP plusieurs considérants déterminants à savoir que:
- l’impératif d’emploi traverse tout le champ de l’économie et toutes les politiques sectorielles doivent le prendre en compte ;
- la multiplication des emplois productifs et l’accroissement de la productivité du travail sont des priorités essentielles pour l’élargissement de l’emploi et la promotion du travail décent ;
- à court et moyen termes, il y a nécessité, au-delà des résultats de la croissance, de promouvoir des actions spécifiques volontaires tendant à élargir la création d’emploi spontanée ;
- l’égalité des chances d’accès à l’emploi, en particulier entre les hommes et les femmes, sera recherchée à tous les niveaux de l’action pour l’emploi.
La stratégie d’emploi du CSLP s’inscrit dans la vision 2025 et vise plusieurs objectifs stratégiques majeurs :
- la création d’emplois d’une qualité acceptable ;
- la promotion des droits au travail ;
- le développement de la sécurité sociale ;
- le dialogue social qui suppose participation et liberté pour régler les différends, promouvoir l’équité sociale et faciliter la mise en œuvre des politiques.
Ainsi, Le Gouvernement du Mali a décidé de faire du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) le cadre unique de ses politiques et stratégies à moyen terme et le principal document de négociation avec l’ensemble des partenaires techniques et financiers. Les organisations d’employeurs et de travailleurs ont joué un rôle consultatif important et participent au comité directeur de coordination du CSLP.
Dans le cadre du dialogue social nécessaire à la mise en œuvre du programme de développement économique national, le gouvernement a proposé aux partenaires sociaux dans sa Déclaration de Politique Générale, l’élaboration d’un Pacte de solidarité pour la croissance et le développement. L’adoption du Pacte de Solidarité et de croissance pour le développement comme partie intégrante du CSLP constitue un acquis considérable à l’actif du travail décent promu par le BIT.
En outre, un des objectifs stratégiques majeurs du CSLP demeure le dialogue social qui suppose participation et liberté pour régler les différends, promouvoir l’équité sociale et faciliter la mise en œuvre des politiques.
Coopération technique et lutte contre la pauvreté
L’équipe du BSR de l’OIT pour le Sahel s’est fortement impliquée dans le processus du CSLP malien en jouant un rôle technique considérable dans son élaboration, sur la base de la reconnaissance du caractère intersectoriel de l’emploi et du respect du rôle consultatif important des organisations d’employeurs et de travailleurs.
L’une des particularités du CSLP du Mali, sous l’impulsion du Bureau sous régional de l’OIT pour le Sahel, consiste en la prise en charge des questions liées à la problématique de l’emploi. Pour ce faire, le BSR/Dakar s’est d’abord attaché à mettre en exergue le diagnostic qui a fait ressortir que l’absence de travail est un des trois facteurs de risque de pauvreté, à côté du manque d’alimentation (insuffisance et malnutrition) et de la maladie.
Dans sa lettre de cadrage, le Président de la République du Mali a procédé à une hiérarchisation des priorités de son quinquennat. C’est ainsi que l’emploi occupe le premier rang. Cet engagement du Président a abouti à la formulation d’un Programme intégré pour la promotion de l’emploi des jeunes : le Programme Emploi jeunes, réalisé par l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes avec l’appui du BIT.
Ce programme bénéficie de deux projets d’assistance du BIT :
- Programme d’assistance technique pour la mise en œuvre du Programme National d’Action pour l’emploi en vue de réduire la pauvreté (PNA/ERP)
- Projet d’insertion des jeunes dans la vie professionnelle à travers les investissements HIMO en milieu rural et en milieu urbain.
S’agissant de la protection sociale, le Mali a entrepris un processus de modernisation et d’extension de la protection sociale avec le concours de l’OIT. Des études diagnostiques ont été réalisées dans le cadre d’un projet d’extension de la protection sociale conduit par l’OIT. Des recommandations consensuelles ont été suggérées après plusieurs échanges entre les partenaires du Mali, notamment la mise en place d’un régime complet de sécurité sociale en faveur des fonctionnaires et des contractuels de l’Etat ; la modernisation de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) ; l’institution d’un régime d’assurance-maladie obligatoire (AMO) pour le secteur privé structuré et la Fonction publique ; le renforcement de la Mutualité, la constitution d’un Fonds d’assistance médicale pour les indigents.
En matière de NIT, le Mali a ratifié 25 conventions de l’OIT, dont les huit fondamentales. Un certain nombre de commentaires en suspens de la commission d’experts portent sur la mise en œuvre pratique des conventions fondamentales. Le Ministère du Travail a récemment informé de l’évolution suivante en ce qui concerne les perspectives de ratification: les conventions (n°144) sur les consultations tripartites, (n°150) sur l’administration du travail et (n°183) sur la protection de la maternité ont été introduites pour discussion en Conseil des Ministres en vue de leur ratification par le Parlement. Une activité récente a également permis aux partenaires sociaux et l’administration publique de demander la ratification de la convention (n°122) sur la politique de l’emploi
La collaboration entre le Gouvernement du Mali et BIT dans le cadre de l'abolition du travail des enfants et ses pires formes a conduit à la mise en place d'un Programme National de lutte contre le travail des enfants et de la composante du projet régional de lutte contre la traite des enfants (LUTRENA). Ces actions qu’il conviendra de renforcer à l’avenir, devraient jouer un rôle accru dans la mise en conformité des textes et de la pratique.
En matière de coopération multi bilatérale et inter agences, le BIT a travaillé avec des institutions telles la Banque Mondiale pour la finalisation du CSLP. Aussi avec le PNUD et le Gouvernement du Grand Duché de Luxembourg, des programmes d’assistance technique visant la création d’emplois et la réduction de la pauvreté ont été mis en œuvre.
Leçons tirées de la coopération passée et récente
L’assistance technique fournie par le BIT a été décisive dans le choix des autorités maliennes de faire de l’Emploi jeune une priorité centrale de la politique gouvernementale. Elle est également à l’origine de la prise en compte de la dimension emploi dans le CSLP initial du Mali, puis dans le cadre du suivi du Sommet de Ouagadougou, de l’intégration dans la nouvelle version du CSLP des quatre (4) composantes du travail décent et de la mise en place d’un groupe de travail « Travail décent » chargé de réfléchir sur la prise en compte de cette question dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Certes, l’existence d’un environnement et d’un cadre politique et social favorables ont été parmi les facteurs déterminants des résultats obtenus à ce niveau. Mais ce résultat découle également du choix porté par le BIT sur l’emploi comme porte d’entrée dans le processus CSLP, doublé d’une approche multidisciplinaire qui s’est avérée efficace car ayant permis de tirer les fruits d’actions antérieures et d’une présence continue du BIT dans le pays à travers divers mécanismes, et ayant conduit à l’établissement de relations de confiance avec l’ensemble des partenaires nationaux.
Tout cela plaide en faveur d’une plus grande concentration des efforts sur des priorités définies d’un commun accord avec les acteurs bénéficiaires eux-mêmes et pour le renforcement des capacités de ces derniers à y faire face en toute responsabilité. A cet égard, si la possibilité de mobiliser des ressources issues de l’initiative PPTE a été un indicateur pertinent des efforts visant à la prise en compte du travail décent dans les DSRP, l’autre défi réside dans la mobilisation de ressources additionnelles destinées à financer l’assistance technique du BIT pour accompagner la mise en œuvre effective des programmes. En effet, la présence au niveau national d’une expertise locale au fait des objectifs et de la démarche du BIT est un atout de taille dans l’efficacité et la pérennisation des actions appuyées par le BIT. Enfin, l’approche multidisciplinaire et la démarche consistant à renforcer le partenariat avec les autres acteurs du développement pour une meilleure synergie dans les interventions ont eu un impact positif sur l’image et l’efficacité du BIT.
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