Contexte et Priorités Nationales
L’Algérie, encouragée par la stabilité politique
que connaît le pays, s'est engagée dans un Programme de réformes
économiques et sociales qui visent à soutenir la transition du pays
d’une économie centralisée et planifiée vers une économie de marché
à travers la mise en oeuvre d’un nouveau plan de soutien à la relance
économique. Il s’agit d’une nouvelle stratégie principalement axée
sur la promotion à l'investissement privé national et étranger,
la promotion de l’emploi et le développement durable.
Le taux de croissance du PIB pour l’année 2004
est de 5.2% et de 5% pour l’année 2005. Le taux d’inflation a atteint
lui 3.6% en 2004.
(
Tableaux statistiques sur l'évolution des indicateurs socio-économiques
en Algérie pour la période 2000-2005. source: Ministère
du Travail et de la Sécurité Sociales)
Point sur le Rapport sur les OMD en Algérie
Le Rapport national des objectifs du Millénaire
pour le Développement établi par l’Algérie retrace pour chacun des
8 objectifs la situation en Algérie, les enjeux et défis à relever
ainsi que les ressources à mobiliser pour honorer les engagements
contractés lors du Sommet du Millénaire. Le
rapport 2005 souligne que l’Algérie a réalisé des progrès notables
dans l’atteinte des OMD et dispose des capacités lui permettant
de répondre aux engagements arrêtés pour 2015, notamment pour les
indicateurs liés à la lutte contre la pauvreté, à la promotion de
l’éducation, à l’égalité des sexes, à la santé ainsi qu’aux questions
de l’environnement. Le Programme complémentaire de soutien à la
relance économique (PSRE) initié par le Chef de l’Etat pour 2005-2009
d’une enveloppe de 55 milliards de dollars devrait faciliter l’atteinte
des OMD, particulièrement pour ce qui est de l’éradication de la
pauvreté. A titre d’information, pour le seuil de pauvreté d’un
dollar par personne et par jour, le ratio de pauvreté est passé
de 1.9% en 1988 à 0.8% en 2000, soit une réduction de plus de la
moitié de ce fait le premier des OMD a déjà été atteint. Les progrès
réalisés doivent cependant être consolidés et élargis.
Emploi
Le taux de chômage connaît, lui, une régression
importante au cours des dernières années, passant de près de 27,3%%
en 2001 à 17.7% en 2004 et 15,3% en 2005, il reste toutefois la
principale cause de précarité et le défi majeur.
Autre préoccupation qui caractérise le marché de l’emploi en
Algérie, l’importance de l’économie informelle qui selon certaines
estimations occuperait plus de 15% de la population active, soit
environ 1 500 000 personnes.
Enfin, on note à la faveur de l’insertion dans l’économie de
marché une flexibilité plus importante du travail qui se caractérise
par un recul de l’emploi permanent et par la multiplication de contrat
à durée déterminée. En effet, en 2000, une personne sur deux était
un salarié permanent, alors qu’en 2005 cette proportion est réduite
à 38%
Protection Sociale
L’Algérie offre une couverture complète en matière d’assurance
sociale aux travailleurs et à leurs personnes à charge. La protection
sociale couvre les risques associés à la retraite, la maladie, la
maternité, l’invalidité, le décès, les accidents du travail et les
maladies professionnelles ainsi que le chômage. Le régime public
de retraite est financé par répartition.
Dialogue Social :
Le Dialogue social, instauré en Algérie depuis de nombreuses
années à travers des mécanismes réguliers de consultations sur les
thèmes et préoccupations stratégiques du monde du travail (réunions
bipartites et tripartites) se voit consolider par l’élaboration
d’un projet de Pacte National Economique et Social (PNES). Ce dernier
doit s’affirmer comme un processus tout à la fois social, économique
et culturel, un puissant moyen de régulation, un élément majeur
pour la paix sociale et de la réduction des déséquilibres et inégalités
notamment dans la perspective de l’entrée en vigueur des Accords
d’Association avec l’Union Européenne et la prochaine adhésion à
l’OMC. Le Pacte abordera des questions clés comme la révision du
Code du travail et la discussion de l’article 87 portant sur le
salaire minimum.
Principaux axes de l’action gouvernementale dans les domaines
de l’Emploi et du Travail : La lutte contre le chômage constitue un objectif stratégique
du gouvernement. Ainsi, celui-ci a tout d’abord renforcé son appui
au développement des qualifications et à la formation professionnelle
dont les effectifs ont augmenté de près de 150% depuis le début
de cette décennie, atteignant aujourd'hui plus de 700.000 élèves,
avec en perspective, plus d'un million d'adolescents formés annuellement
d'ici à la fin de celle-ci. Le Programme vise à favoriser l’employabilité
des jeunes et une meilleure insertion professionnelle.
Le second élément de la stratégie algérienne de lutte contre
le chômage consiste à créer un environnement favorable à la croissance
créatrice d’emplois décents. Avec le concours des programmes publics
de soutien au développement, le taux de croissance économique s'est
amélioré ces cinq dernières années et il devrait se consolider durant
les années à avenir.
En parallèle, des mesures ont été prises pour encourager la
création d'entreprises, à travers les avantages offerts par le code
des investissements, la facilitation de l'accès au crédit, ainsi
que des mécanismes de garanties et de bonification de taux d'intérêts.
Enfin, la politique de privatisation des entreprises publiques,
relance l'activité des unités privatisées et contribue à la création
de nouveaux emplois plus productifs.
Le troisième palier de l'action de l'Algérie pour
la promotion de l'emploi concerne dix (10) dispositifs ciblés d'encouragement
à l’insertion professionnelle et à la création d'emplois :
-
La création d'emplois d'attente, par le biais
de trois mécanismes à savoir, les emplois salariés d'initiatives
locales (ESIL), les activités d'intérêt général (IAIG) et les
travaux d'utilité publique à haute intensité de main d’œuvre
(TUPHIMO).
-
A la faveur de la mise en œuvre en 2000 du
Plan National de Développement Agricole et Rural, le secteur
de l'Agriculture, l'un des principaux leviers de la croissance
économique et surtout pourvoyeur d'emplois stables, a enregistré
ces dernières années la création de 860.000 équivalent emplois
permanents dont 362.000 emplois permanents.
-
Des contrats de pré-emplois destinés aux
diplômés universitaires et aux techniciens supérieurs, et offrant
un emploi pour une durée pouvant aller jusqu’à deux années,
auprès des institutions publiques et des entreprises. En 2004,
près de 60.000 jeunes diplômés ont bénéficié de ce dispositif
qui connaît une montée en puissance.
- La mise en application du micro-crédit a permis la création de près de 16.000 emplois, y compris à domicile.
-
Le soutien à l'emploi des jeunes par la création
de micro-entreprises (ANSEJ qui a vu la création de plus de
68.000 micro-entreprises par des jeunes âgés de 18 à 35 ans
générant plus de 135.000 emplois permanents. Ce dispositif a
entraîné près de 1,4 milliard de dollars d'investissements dans
tous les secteurs de l'économie dont plus de 235 millions de
dollars d'apports personnels des intéressés dans des projets
rentables avec un fort taux de remboursement des crédits.
-
L'aide à la création des micro-entreprises,
ouverte aux chômeurs âgés de 35 à 50 ans pour des investissements
pouvant aller jusqu'à 70.000 dollars. Pour sa première année,
ce dispositif a vu la réalisation d'une centaine d'opérations
d'investissements.
Les différents programmes de promotion de l’Emploi
ont pour objectif d’ici 2009 la création de 2 millions d’emplois
et de 100.000 nouvelles entreprises.
L’Algérie prévoit une enveloppe de 55 milliards
de dollars pour le programme complémentaire de soutien de la relance
économique (2005-2009). Ce programme vise notamment la
construction de plus d’un million de logements pour un investissement
de 555 milliards de dinars.
Au titre des réformes importantes déjà engagées, il est également important de citer :
-
la consolidation du dialogue tripartite par
l’adoption d’un Pacte National Economique et Social, initialement
prévu pour septembre 2005 et devant permettre « d’arrêter une
approche consensuelle au service du développement national dans
la cohésion sociale ».
-
la mise en place de l’Observatoire national
de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté, organe consultatif
inspiré des recommandations du Sommet extraordinaire de l’Union
Africaine sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté (septembre
2004).
-
l’accélération du processus de privatisation
des entreprises publiques économiques (qui concerne quelques
1300 entreprises), à mener en étroite collaboration avec les
partenaires sociaux. A ce jour, 270 opérations de privatisation
se seraient concrétisées.
-
La révision du Code du Travail tenant compte
de l’évolution socio-économique et en vue de favoriser la croissance
économique, les investissements et la création des emplois.
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