Dans beaucoup de pays, le travail des enfants est essentiellement un problème agricole. Dans le monde entier, 60 pour cent de tous les enfants âgés de 5 à 17 ans qui travaillent le font dans l’agriculture (y compris les exploitations agricoles, la pêche, l’aquiculture, l’exploitation des forêts et l’élevage de bétail). Ceci représente plus de 129 millions de filles et de garçons. La plupart des enfants qui travaillent (67,5 pour cent) sont des membres de la famille non rémunérés. Dans l’agriculture, ce pourcentage est supérieur. De plus, ces enfants entrent très jeunes sur le marché du travail ; ils sont parfois âgés de 5 à 7 ans1. L’agriculture est l’un des trois domaines les plus dangereux en ce qui concerne les décès liés au travail, les accidents non mortels et les maladies professionnelles. Environ 59 pour cent des enfants entre 5 et 17 ans effectuant des travaux dangereux (soit 70 millions) travaillent dans l’agriculture.
La pauvreté, l’accès limité à une éducation de qualité, les technologies agricoles inadéquates, le difficile accès à la main d’œuvre des adultes, les dangers et les risques, ainsi que les attitudes traditionnelles concernant la participation des enfants dans les activités agricoles représentent les principales causes du travail des enfants dans l’agriculture. Une certaine participation des enfants à des activités non dangereuses peut être positive puisqu’elle favorise le transfert des compétences de génération en génération et la sécurité alimentaire des enfants, notamment dans les exploitations familiales, la pêche artisanale et l’élevage de bétail. Il est important de distinguer entre des tâches légères qui ne nuisent pas à l’enfant et le travail des enfants — qui interfère avec la scolarité obligatoire et qui peut mettre en danger la santé et le développement physique et mental de l’enfant — en fonction des heures et conditions de travail, de l’âge de l’enfant, des activités réalisées et des risques encourus.
La participation à certaines activités agricoles doit être différenciée du travail des enfants. Des tâches adaptées à l'âge des enfants, comportant de moindres risques et ne les empêchant pas de suivre une scolarité normale et d’avoir du temps libre, peuvent être une partie normale du développement d’un enfant dans un environnement rural. Une certaine participation des enfants à des activités non dangereuses peut être positive puisqu’elle favorise le transfert des compétences de génération en génération et la sécurité alimentaire des enfants, notamment dans les exploitations familiales, la pêche artisanale et l’élevage de bétail. Les adolescents effectuant certains travaux agricoles présentent souvent une plus grande confiance en eux, un amour-propre renforcé et sont aussi plus confiants dans leurs capacités professionnelles. Par conséquent, il est important de distinguer entre des tâches légères qui ne nuisent pas à l’enfant et le travail des enfants— qui interfère avec la scolarité obligatoire et qui peut mettre en danger la santé et le développement physique et mental de l’enfant — en fonction des heures et conditions de travail, de l’âge de l’enfant, des activités réalisées et des risques encourus.
Sous-secteurs
Le travail des enfants est très fréquent dans tous les sous-secteurs de l’agriculture, bien qu’il existe des caractéristiques différentes:
- Exploitation de la terre
- Pêche et aquiculture
- Exploitation des forêts
- Élevage de bétail
Une problématique transversale
Les progrès accomplis dans l’élimination du travail des enfants dans le domaine de l’agriculture ont été ralentis à cause des particularités de ce secteur. En effet, certains facteurs rendent ce problème très difficile à résoudre. Par exemple, les omissions des législations nationales du travail dans le domaine du travail familial agricole, la faible syndicalisation, la division de la main d’œuvre, la capacité insuffisante des inspecteurs de travail à couvrir des zones rurales lointaines, la nature familiale du cadre de travail de la plupart de ces enfants travaillant sans aucune rémunération et sans contrat, la continuité entre les ménages ruraux et le lieu de travail, et les traditions encourageant la participation des jeunes enfants dans les activités agricoles.
La différenciation des rôles en fonction du sexe, l’âge et les règles culturelles définissent le type de travail réalisé par les filles et les garçons, ainsi que le nombre d’heures de travail et le droit à l’éducation. La différenciation sociale entre les sexes dans le domaine du travail des enfants est plus importante avec l’âge. Dans de nombreux cas, les filles travaillent plus que les garçons si l’on considère les tâches ménagères, ce qui laisse moins de temps pour l’école. Ces problèmes sont rencontrés dans tous les sous-secteurs agricoles:
- Normes internationales du travail sur le travail des enfants dans l’agriculture
- Éducation et travail des enfants dans l’agriculture
- Inégalités hommes-femmes et travail des enfants dans l’agriculture
- Santé et sécurité au travail et travail dangereux des enfants dans l’agriculture
- Dialogue social
Le Partenariat international de l’agriculture
Le Partenariat international de coopération sur le travail des enfants dans l’agriculture est une initiative globale qui regroupe depuis 2007 les actions de l’OIT, la FAO, le FIDA, le CGIAR et l’UITA.
Le Partenariat reconnaît que l’agriculture doit être considérée comme un domaine prioritaire dans l’élimination du travail des enfants à niveau national aussi bien qu’international. Pour comprendre les causes du travail des enfants, identifier et aborder les limitations auxquelles la population rurale doit faire face dans la production agricole — telles que la main d’œuvre insuffisante, la faible productivité, les bas prix de leurs produits, le difficile accès à la terre, ainsi que le coût de l’éducation et la distance des écoles — il est nécessaire d’obtenir la collaboration des parties prenantes des secteurs du travail et de l’agriculture. Une meilleure intégration de la question du travail des enfants dans les politiques et les actions concernant l’agriculture et le développement rural ainsi que l’incorporation de l’agriculture dans les politiques et législations nationales sont des mesures essentielles pour pouvoir traiter les causes du problème.
Faits marquants
- Activités de formation et de renforcement des capacités sur le travail des enfants: des cours réguliers et des programmes sur-mesure à niveau national sont organisés chaque année par le Centre international de formation de l'OIT (CIF-OIT). La prochaine édition du cours “Harvesting a future without child labour: eliminating harmful practices in agriculture” [Récolter un avenir sans le travail des enfants : éliminer les pratiques néfastes de l’agriculture] aura lieu en mai 2012. Pour plus d'informations sur les prochaines formations, visitez la page des cours sur le travail des enfants du CIF-OIT .
- Breaking the rural poverty cycle: Getting girls and boys out of work an into school [Briser le cercle vicieux de la pauvreté rurale: sortir les filles et les garçons du travail et les faire aller à l'école] – note d’orientation en anglais..
1 OIT: Accélérer l’action contre le travail des enfants – Rapport global en vertu du suivi de la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail (Genève, 2010).

