Le travail forcé est défini dans la convention n° 29 de l’OIT comme « tout travail ou service exigé d'un individu sous la menace d'une peine quelconque et pour lequel ledit individu ne s'est pas offert de plein gré» (art. 2.1).
Le travail forcé apparaît lorsque les personnes sont soumises à des contraintes psychologiques ou physiques pour effectuer un travail, qu’elles n’auraient pas effectué si elles avaient été libres de choisir. Certaines personnes présentent plus de risques de devenir victimes du travail forcé car leur vulnérabilité et/ou leur pauvreté sont exploitées par leurs bourreaux. Les peuples indigènes et tribaux, souffrant généralement de pauvreté, d’analphabétisme, de discrimination et d’isolation géographique, peuvent potentiellement devenir victimes du travail forcé. Dans certains cas, la permanence du travail forcé aujourd’hui est le fruit de très anciens schémas de discrimination à l’encontre de certaines minorités ethniques ou castes.
À travers le monde, les peuples indigènes sont généralement victimes de situations de travail forcé, tels que par exemple les Guaranis en Bolivie. Le programme d'action spéciale de lutte contre le travail forcé (SAP-FL) de l’OIT soutient des activités comme des études de terrain de façon à mieux comprendre les situations de travail forcé ; des réunions de validation tripartites ; des formations et des activités de sensibilisation des employeurs et des travailleurs ; une assistance technique sur les plans d’action et sur les mesures politiques nationaux ; et l’encouragement de la propriété nationale par le biais de la création de commissions nationales.
Pour ce qui est de la question des peuples indigènes, l’action sur le terrain du SAP-FL s’est concentrée jusqu’à présent en Amérique Latine, plus particulièrement en Bolivie, au Pérou et au Paraguay. Une série d’études a confirmé l’existence du travail forcé parmi les peuples indigènes d’Amérique Latine. Aujourd’hui comme il y a des siècles, les principales victimes du travail forcé en Amérique Latine sont les peuples indigènes vivant dans des régions isolées, où la colonisation relativement récente a encouragé la demande d’une main-d’œuvre bon marché, et où l’État est pratiquement absent pour apporter une protection contre le travail forcé. SAP-FL a contribué à des engagements politiques nationaux dans ces pays. En conséquence, le gouvernement de Bolivie a lancé un Plan national d’action en 2005, suivie par le Pérou en 2007.

