Des estimations indiquent que la population des peuples indigènes/tribaux au Pakistan représente environ 15 % de la population totale, qui est de 126 millions d’habitants. Tout comme dans d’autres régions du monde, les peuples indigènes et tribaux au Pakistan font partie des groupes les plus marginalisés et les plus exclus de la société, malgré le fait qu’une diversité considérable existe parmi les différents groupes.
Les populations tribales les plus importantes du pays sont les Pashtouns (13,8 %), les Sindhîs (7,7 %) et les Baluchs (4,3 %).1 Parmi eux, les Pashtouns bénéficient d’un statut spécifique en vertu des FATA, alors que tous ces groupes bénéficient d’un statut spécifique dans les plans de développement national. Le Pakistan abrite également un nombre important de peuples indigènes et tribaux plus petits, comme les Kihals et les Mors, peuples indigènes de l’Indus, les Buzdar des montagnes de Suleyman et le peuple Kailasha du Chitral. Ces groupes plus petits, pour la plupart boat people ou éleveurs semi-nomades, ne sont bien souvent pas comptés dans les chiffres de recensement national. Dans de nombreux cas, leur vulnérabilité est exacerbée par des processus nationaux de développement.
Le gouvernement du Pakistan a ratifié la convention de l’OIT sur les populations aborigènes et tribales (convention n°107) en 1960. Cependant, à ce jour, la visibilité des questions relatives aux peuples indigènes et tribaux dans les politiques nationales et des États a été ambivalente. Ce phénomène peut être partiellement attribué à la diversité des situations des peuples tribaux au Pakistan : alors que certaines régions sont réglementées par des directives tribales particulières (par ex. les FATA et les PATA), dans d’autres régions, les populations tribales n’ont pas été reconnues en tant que telles et subsistent en marge de la société. Les principales activités du PRO 169 au Pakistan ont été la formation et le renforcement des capacités des agents du gouvernement concernant les questions relatives aux peuples indigènes et tribaux, et la sensibilisation au sein des organisations gouvernementales et de la société civile au sujet de la convention n° 107.

