GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Juan Somavia a été élu aujourd’hui pour un troisième mandat comme Directeur général du Bureau international du Travail (BIT); il a promis d’œuvrer pour garantir la justice sociale malgré les défis qui se multiplient dans l’économie mondiale.
M. Somavia, de nationalité chilienne, devint le premier représentant de l’hémisphère Sud à diriger l’OIT lors de son élection à ce poste pour la première fois il y a une décennie. Il a été élu avec 43 des 56 votes détenus par les membres titulaires du Conseil d’administration du BIT et 13 abstentions. Le vote s’est déroulé à bulletins secrets et aucun autre candidat n’était en lice.
En 89 ans d’histoire de l’Organisation, M. Somavia est le neuvième Directeur général à prendre la tête du Bureau; il entamera officiellement son nouveau mandat de cinq ans en mars 2009.
Au cours de la décennie écoulée, M. Somavia a conduit l’Organisation sur une nouvelle voie à travers la promotion de l’Agenda de l’OIT pour le travail décent, qui a reçu des soutiens au plus haut niveau politique dans toutes les régions du monde, ainsi qu’au sein du système multilatéral. M. Somavia a également supervisé la mise en œuvre de la Déclaration de l’Organisation sur les droits et principes fondamentaux au travail adoptée en 1998, ainsi qu’une hausse massive du nombre de ratifications des normes internationales de l’OIT.
Sous sa direction, l’OIT a également adopté une Déclaration historique sur la justice sociale pour une mondialisation équitable, en juin de cette année, élaborée pour renforcer la capacité de l’Organisation tripartite à relever les défis du 21e siècle et à promouvoir son Agenda pour le travail décent afin de forger une réponse efficace à la mondialisation. Il a également figuré en première ligne des efforts pour éliminer le travail des enfants et le travail forcé, pour mettre fin aux discriminations sur le lieu de travail et pour promouvoir l’adhésion aux normes du travail, la création d’emplois et le développement durable.
M. Somavia a indiqué: «Nous nous trouvons confrontés à un moment important dans l’histoire de cette Organisation. Le chômage est en hausse. La crise continue de frapper les économies et les individus à travers la planète. Le nombre de travailleurs pauvres augmente. De plus en plus de voix s’élèvent pour s’inquiéter de l’équilibre, de l’équité et de la pérennité du modèle de mondialisation actuel.»
«Pourtant, la crise actuelle révèle aussi la force et la valeur de l’OIT», a-t-il constaté. «A la veille du 90e anniversaire de l’OIT, nous devons continuer à œuvrer en faveur de la justice sociale et à préserver et améliorer la protection sociale. Nous devons garantir aux entreprises qu’elles auront accès au crédit pour éviter les licenciements, maintenir les salaires et trouver des ressources qui leur permettront de se rétablir. Nous devons poursuivre un dialogue social approfondi pour contribuer à progresser vers un rétablissement à long terme et un développement durable.»
«Œuvrer pour la justice sociale, c’est bien plus qu’un simple thème pour notre 90e anniversaire», a-t-il ajouté. «C’est notre bilan du passé et notre mission pour l’avenir.»
Né le 21 avril 1941, M. Somavia est avocat de profession; il a mené une longue et brillante carrière dans la fonction publique et les relations internationales. Il a exercé à deux reprises la Présidence du Conseil de sécurité et du Conseil économique et social de l’ONU. Il fut aussi Président du Comité préparatoire du Sommet mondial pour le développement social de 1995. Sa vaste expérience dans tous les domaines de la vie publique – comme diplomate et comme universitaire – et son engagement dans le développement social, dans des organisations commerciales et des organismes de la société civile, l’ont aidé à forger sa conception de la nécessité de garantir un travail décent à chaque homme et chaque femme dans le monde.
Le Conseil d’administration est l’organe exécutif du Bureau international du Travail (le BIT est le secrétariat de l’Organisation). Il se réunit trois fois pas an, en mars, juin et novembre. Il prend des décisions concernant l’action du BIT, adopte l’ordre du jour de la Conférence internationale du Travail, ainsi que les propositions de programme et de budget qui sont soumises à la Conférence.
Il se compose de 56 membres titulaires (28 membres gouvernementaux, 14 membres employeurs et 14 membres travailleurs) et de 66 membres adjoints (28 gouvernements, 19 employeurs et 19 travailleurs). Dix des sièges gouvernementaux sont détenus en permanence par les principaux pays industrialisés (Allemagne, Brésil, Chine, Etats-Unis, France, Inde, Italie, Japon, Royaume-Uni et Fédération de Russie). Les autres membres gouvernementaux, employeurs et travailleurs, sont élus par la Conférence tous les trois ans.
