GENÈVE (Nouvelles du BIT) - La nouvelle convention consolidée du travail maritime, qui doit être adoptée ici jeudi par la Conférence du travail maritime de l'Organisation internationale du Travail, reflète "l'histoire du travail" en train de s'écrire en offrant des moyens modernes pour garantir un travail décent et une mondialisation juste, a déclaré aujourd'hui le Directeur général du BIT M. Juan Somavia.
"Votre travail nous ouvre de nouveaux horizons - il ne va pas seulement nous aider à garantir des conditions de travail décentes aux gens de mer dans le monde, mais il va nous donner accès à un échelon supérieur de méthodes novatrices pour faire face à la mondialisation", a déclaré M. Somavia lors de la présentation de son rapport sur les développements du secteur maritime à la Conférence ( Note 1).
Prenant note du "vaste consensus" recueilli par le projet, M. Somavia a ajouté: "Soyons fiers de ce que vous avez accompli parce que nous traçons notre avenir ensemble. En avant toutes!"
La session maritime de la Conférence internationale du Travail est réunie depuis le 7 février pour envisager l'adoption d'un nouvel instrument international du travail majeur, la convention du travail maritime, 2006. Quelque 900 délégués représentant plus de 1,2 million de marins, d'armateurs mondiaux et quelque 100 gouvernements sont sur le point d'adopter la convention jeudi, dernier jour de la Conférence.
La convention proposée présente un large éventail de droits pour des conditions de travail décentes pour les gens de mer et couvre des sujets tels que la santé, la sécurité, l'âge minimum, le recrutement, les horaires de travail et autres questions vitales qui touchent à la vie des gens de mer. Le projet final qui est en cours d'examen consolide et met à jour plus de 65 instruments internationaux relatifs au travail maritime adoptés par l'OIT au cours des 80 dernières années. (Pour une couverture complète de la Conférence et des informations de référence sur la convention, consultez le site maritime sur www.ilo.org)
Le Directeur général du BIT a cependant attiré l'attention sur le fait qu'il resterait beaucoup à faire, même après l'adoption du projet de convention, en termes de ratification et de mise en œuvre du nouvel instrument par les 178 Etats membres de l'OIT.
"Vous avez tous relevé le défi et navigué dans des eaux inexplorées, a-t-il confié aux délégués. Nous devons nous assurer que dans les 20 ans à venir, sur d'autres sujets, nous n'allons pas regarder en arrière et contempler des occasions manquées mais plutôt des espérances comblées."
L'avenir de la convention, qui a besoin de 30 ratifications représentant 33 pour cent du tonnage mondial pour entrer en vigueur, a été intégré aux débats qui ont lieu ici, a précisé M. Somavia. Le fait que les préoccupations des partenaires sociaux tripartites de l'OIT aient été prises en compte dans les discussions indique que "nous pouvons raisonnablement espérer une ratification rapide."
"J'ai parlé d'un 'tripartisme cohésif' basé sur le sens d'un dessein commun et sur une méthode de confrontation des divergences d'intérêt objectives de manière à promouvoir le plus grand commun dénominateur. Un tripartisme puissant qui démontre sa valeur par l'action, un tripartisme uni qui s'étend et démontre que l'union vaut plus que la somme des intérêts particuliers. Vous avez donné vie à cette notion de tripartisme cohésif", a ajouté M. Somavia.
L'OIT est prête à travailler avec le monde maritime "pour lui apporter l'aide qu'il juge opportune", dit-il, et établira des programmes de coopération technique pour promouvoir la ratification de la convention.
"Une marine de qualité ne peut exister sans conditions décentes pour ceux qui travaillent et vivent sur les navires", a-t-il ajouté. Ainsi, la dimension sociale de la mondialisation, ce qui arrive aux gens, aux familles et aux communautés avec la mondialisation, est dorénavant au cœur de tous les débats politiques. Des conditions de travail médiocres et des emplois à n'importe quel prix ne peuvent plus servir de fondement à une stratégie de développement durable ou à la concurrence internationale.
"Une mondialisation juste exige que les processus, les réglementations et les règles du jeu soient justes pour tous", a précisé M. Somavia. "Dans le même temps, le marché doit avoir suffisamment d'espace pour remplir ses fonctions clés pour l'économie et la société."
Note 1 - Consultez Rapport du Directeur général, ISBN 92-2-217942-0.