MAPUTO, Mozambique (nouvelles du BIT) - Le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) s’adressera, à la Réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union africaine, le mardi 8 juillet, pendant le 2ème Sommet de l’Union africaine qui s’y déroulera jusqu’à samedi.
«Selon Juan Somavia, si de nouveaux moyens pour générer des opportunités de travail décent pour les pauvres ne sont pas créés, les Objectifs de développement du Millénaire qui consistent à réduire la pauvreté de moitié dans le monde d’ici 2015, resteront inaccessibles pour beaucoup de pays de la région.
Le Directeur général du BIT élaborera des éléments précis de son nouveau rapport intitulé «S’affranchir de la pauvreté par le travail», dévoilé lors de la récente Conférence internationale du Travail à Genève.
«Certes, le travail est le meilleur moyen de s’affranchir de la pauvreté. Cependant, l’emploi ne se décrète pas, pas plus que l’élimination de la pauvreté, a indiqué M. Somavia. Il s’agit d’un processus long et complexe qui réclame la participation concertée de toutes les composantes de la société. Nous devons faire appel au pouvoir unique des gouvernements, des employeurs et des travailleurs - la communauté mondiale du travail représentée par les membres de l’OIT - pour agir de manière concertée contre la pauvreté.»
M. Somavia exposera la portée de la pauvreté en Afrique, selon laquelle :
- La faible croissance de l’Afrique au sud du Sahara a entraîné une forte augmentation du nombre de pauvres (plus de 25 pour cent) qui étaient, dans les années 90, près de 500 millions.
- Un enfant sur six entre 5 et 14 ans (211 millions) exerçait une forme de travail en l’an 2000. Le plus haut taux de travail des enfants se trouve en Afrique du sud du Sahara, où 29 pour cent des enfants âgés de 5 à 11 ans travaillent.
- Un nombre considérable de pays africains a peu de chances d’atteindre les Objectifs de développement du Millénaire, qui devraient permettre d’assurer une scolarisation de niveau primaire à tous les enfants d’ici 2015.
- Dans la plupart des pays en développement, les jeunes femmes et hommes se trouvent face à l’alternative de soit travailler dans le secteur informel ou de ne pas travailler du tout. Dans certains pays d’Afrique, les 18 ans et moins représentent 55 pour cent de la population; le chômage parmi les jeunes représente 56 pour cent de la population en Afrique du Sud et entre 30 et 40 pour cent en Algérie, en Egypte et au Maroc.
- En Afrique du sud du Sahara, la couverture personnelle de la sécurité sociale est estimée à 10 pour cent de la population des travailleurs et s’avère, dans certains cas, décroissante.
La solution réside dans l’adoption de politiques qui produisent ce que M. Somavia a appelé « les dividendes du travail décent », qui stimuleront une croissance équilibrée et durable, et donneront une vie meilleure à tous.
Parmi les dividendes du travail décent, le Directeur général du BIT cite « un revenu plus stable et un emploi plus productif, des règles équitables, le respect des droits fondamentaux au travail et la protection sociale, la capacité de se faire entendre grâce à l’organisation, à la mobilisation et à l’automatisation, des salaires accrus et des possibilités d’emploi indépendant grâce à l’accès aux services financiers, à la formation et à l’amélioration des qualifications, des politiques pour soustraire les enfants au travail et les scolariser et pour mettre un terme au travail forcé, l’élimination de la discrimination, des foyers et des lieux de travail sains et sans danger.»