Un rapport sur l'industrie de l'habillement au Cambodge

Type Press release
Date de parution 30 novembre 2001
Référence BIT/01/50
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues English • Español

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - A première vue, a déclaré aujourd'hui l'Organisation internationale du Travail (OIT), les premiers éléments de l'enquête sur les conditions de travail dans l'industrie cambodgienne de l'habillement n'ont dégagé aucune preuve quant à la présence d'enfants sur les lieux de travail. De même, on ne peut pas conclure que le travail forcé ou le harcèlement sexuel y soient pratiqués. Par contre, d'autres problèmes ont été identifiés. Dans certaines usines, les heures supplémentaires sont impayées, le temps de travail trop long et les représentants syndicaux victimes de discrimination.

Ce Premier rapport de synthèse sur les conditions de travail dans le secteur cambodgien de l'habillement * s'inscrit dans le cadre de l'accord commercial signé entre les Etats-Unis et le Cambodge. Ce dernier confiait au Bureau international du Travail (BIT) le soin de vérifier si les droits fondamentaux des travailleurs étaient respectés. Ce rôle d'inspection est tout à fait nouveau pour le BIT.

M. Juan Somavia, Directeur général du BIT, se félicite de la démarche entreprise au Cambodge qui a impliqué tous les acteurs d'un secteur particulier. «Ce projet est remarquable car il donne l'exemple de ce qui pourrait être fait au niveau du marché mondial qui a bien besoin de règles dont on puisse surveiller la mise en œuvre».

«L'économie mondiale, a-t-il insisté, a besoin de s'appuyer sur un socle composé des conventions fondamentales du travail. Cela va peut-être prendre cinq ans avant que cette idée ne soit acceptée mais, tôt ou tard, ces règles seront reconnues comme faisant partie intégrante des lois régissant les échanges commerciaux».

Le Comité consultatif du projet (CCP), composé de représentants gouvernementaux, patronaux et syndicaux, se réjouit de ce rapport. Le soutien que ces derniers ont apporté au programme du BIT s'est avéré «bénéfique pour toutes les parties concernées au Cambodge, y compris les travailleurs qui jouissent maintenant de meilleures conditions de travail et d'un plus grand respect de leurs droits».

L'accord commercial entre les Etats-Unis et le Cambodge a été signé en janvier 1999. Il prévoyait une possible augmentation des exportations cambodgiennes vers les Etats-Unis de l'ordre de 14 %, à condition que le Cambodge respecte les normes fondamentales du travail édictées par l'OIT. Un état des lieux est établi chaque 1 er décembre, à la fin de la période couverte par l'accord. Washington décide alors si oui ou non le secteur cambodgien du textile et de l'habillement respecte «dans les grands lignes» ces conventions internationales.

En l'an 2000, l'industrie du textile a assuré 70 % des exportations du Cambodge pour un montant de 985 millions de dollars E.-U. dont 750 millions sont exportés vers les seuls Etats-Unis. Ces informations émanent de l'Institut cambodgien pour le développement des ressources.

L'an passé, le Cambodge employait 200.000 personnes dans 220 fabriques de vêtements dont 190 sont enregistrées auprès du BIT. Ces dernières représentent 168.300 travailleurs, ou plutôt travailleuses puisque les femmes, au nombre de 148.000, constituent l'écrasante majorité.

Les premières inspections remontent au 27 juin 2001. A ce jour, le BIT a pu visiter 30 entreprises totalisant 21.500 ouvriers dont 19.500 femmes. Les premières conclusions de ce rapport préliminaire apportent certains enseignements clé:

  • Il n'existe pas de preuves concernant la pratique du travail des enfants, du travail forcé ou du harcèlement sexuel.
  • Avec une certaine récurrence, les salaires ne sont pas payés de manière correcte.
  • Dans un nombre important d'entreprises, la prestation des heures supplémentaires est souvent imposée.
  • La liberté d'association pose des problèmes dans certaines usines qui pratiquent la discrimination à l'encontre des syndicats.
  • Les grèves ne sont pas organisées suivant les procédures légales requises.

L'inspection des usines n'est pas un objectif en soi, a indiqué ce rapport, mais s'inscrit dans un processus plus global dont l'objectif est l'amélioration des conditions de travail dans l'ensemble du secteur cambodgien de l'habillement.

Le Comité consultatif du projet a pris bonne note des suggestions du rapport à l'égard de certains domaines dans lesquels du travail reste à faire, notamment en ce qui concerne les salaires, les heures supplémentaires et la mise en oeuvre des lois cambodgiennes sur le travail.

«Toutes les parties concernées vont travailler ensemble à la réalisation de cet objectif», a déclaré le Comité. «Tous les membres du CCP restent pleinement mobilisés pour assurer la poursuite des projets d'inspection du BIT et font la promesse de coopérer pleinement avec le BIT en cette matière».

«En même temps, nous espérons que les efforts remarquables que le Cambodge entreprend pour respecter les normes internationales du travail soient de plus en plus reconnus et encouragés. A cet égard, nous exprimons le souhait que les acheteurs américains apportent la preuve de leur soutien aux démarches entreprises au Cambodge en renforçant leur participation dans son industrie de l'habillement et en faisant en sorte que cet engagement s'inscrive dans le long terme».

* Le rapport et les déclarations du Comité consultatif du projet sont disponibles en anglais sur notre site internet à l'adresse suivante: http://www.ilo.org/public/french/dialogue/index.htm, sous "Sites particuliers". Pour plus d'informations, veuillez contacter John Doohan au Département de la communication du BIT à Genève. Téléphone: + 4122/799-8906.

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